"Eternité est l'anagramme d'étreinte." Henry de Montherlant

*
Je suis parti ce matin très tôt jusqu'au soir
Parcourant les allées d'oliviers éternels,
Mon coeur m'était soudain revenu dans l'espoir;
J'avançais, seul, le dos courbé par le soleil.

Le souvenir des jours perdus guidant mes pas,
Les larmes de rosée sur les fleurs des jardins
Brillaient en mon âme comme sonne le glas
D'une vie épuisée à attendre demain.

Nous dormirons ensemble au creux du petit Jour
Me disais-je en longeant la côte de Honfleur
Une rose je couperai pour toi, amour
Sur l'éclatant chemin de nos prochaines heures.

En arrivant enfin aux portes de ta voix,
Quel ne fut pas mon désarroi en apprenant:
Ton départ, il y a de cela quelques temps;
Sur la courte lettre retentit "Rejoins-moi."

J'ai pris tu sais le petit sentier où parfois
Nous allions, afin de pouvoir nous embrasser;
Pour enfin trouver le bonheur d'entre tes bras
Du haut de la falaise je me suis lancé.

Nous dormirons ensemble au creux du petit Jour
Corps ivres côte-à-côte face à l'horizon.
Nous dormirons ensemble au creux du petit Jour
Ames immortelles, rêvant à l'unisson.
*
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# Posté le jeudi 15 janvier 2009 17:07

Modifié le dimanche 18 janvier 2009 16:26

"L'ambition ardente exile les plaisirs de la jeunesse pour gouverner seule." Vauvenargues

"L'ambition ardente exile les plaisirs de la jeunesse pour gouverner seule." Vauvenargues



" Mes rêves... Quels rêves ?... Avais-je des rêves ? Je ne sais pas. Mes rêves - ou peut-être mon absence de rêves - étaient plus grands que ma vie. Quelque chose d'informe s'agitait au-dessus de moi, et je m'abstenais d'y répondre. Parfois, sous une porte cochère, à un coin de rue, au détour d'un livre ou d'une conversation, le ciel s'ouvrait tout à coup. Dans le désordre, dans le tumulte, un monde me faisait signe. Je retenais mon souffle, je restais immobile un instant, le coeur en feu. Et puis, je repartais. Je m'en allais. Je me laissais emporter par les facilités de l'existence. Si je ne prends pas place dans la cohorte céleste de ceux dont les noms voltigent sur les lèvres des hommes, je ne peux en vouloir qu'à moi-même. "

Jean d'O

# Posté le mardi 09 décembre 2008 14:27

Modifié le jeudi 18 décembre 2008 09:06

"Quelle qu'elle soit, la vie est belle." Goethe

"Quelle qu'elle soit, la vie est belle." Goethe

# Posté le lundi 10 novembre 2008 13:46

Modifié le mardi 11 novembre 2008 17:48

Jean d'Ormesson, in "Qu'ai-je donc fait" - parut le 02 octobre

" Qu'ai-je donc fait ? J'ai aimé l'eau, la lumière, le soleil, les matins d'été, les ports, la douceur du soir dans les collines et une foule de détails sans le moindre intérêt comme cet olivier très rond dont je me souviens encore dans la baie de Fethiye ou un escalier bleu et blanc flanqué de deux fontaines dans un village des Pouilles dont j'ai oublié le nom. Je ne regrette ni d'être venu ni de devoir repartir vers quelque chose d'inconnu dont personne, grâce à Dieu, n'a jamais pu rien savoir. J'ai trouvé la vie très belle et assez longue à mon goût. J'ai eu de la chance. Merci. J'ai commis des fautes et des erreurs. Pardon. Pensez à moi de temps en temps. Saluez le monde pour moi quand je ne serai plus là. C'est une drôle de machine à faire verser des larmes de sang et à rendre fou de bonheur. Je me retourne encore une fois sur ce temps perdu et gagné et je me dis, je me trompe peut-être, qu'il m'a donné - comme ça, pour rien, avec beaucoup de grâce et de bonne volonté - ce qu'il y a eu de meilleur de toute éternité : la vie d'un homme parmi les autres. "
Jean d'Ormesson, in "Qu'ai-je donc fait" - parut le 02 octobre

# Posté le samedi 25 octobre 2008 13:54

Modifié le mardi 28 octobre 2008 18:35

"Les déceptions ne tuent pas et les espérances font vivre." George Sand

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L'amour rend aveugle. Les gens passent, et certains partent.
Il faut avoir foi dans la personne humaine, malgré les déceptions. En apprendre tous les jours à son sujet. Mais attention, on est souvent déçu à ce qui paraît.
Je ne pensais un jour connaître la vraie désillusion. Le temps fuit, mais enfin seuls restent ceux qui comptent. Seuls restent ceux qui, aidés d'une qualité signifiante, savent faire preuve de respect. Qu'ils soient là ou un peu plus loin. Seuls restent ceux qui savent la préciosité d'une relation humaine. Ceux, et ils sont rares, qui possèdent la capacité d'apprécier combien un être humain est subtil, et combien l'amitié est une des choses les plus fragiles. Notre devoir est de les protéger.
La vie, c'est cela. Regarder le temps qui passe, ce qu'on va faire ou ce qu'on souhaiterait entreprendre. Et, inévitablement, la connaissance de la valeur d'une primordiale intégrité nous fera avancer et grandir, indépendamment de ceux qui empruntèrent l'autre chemin. Celui du bas et blâmable déni.
L'existence est un éternel recommencement qui, naturellement, au regard de notre oeuvre, nous guidera vers ce que l'on mérite.
Et ceux qui nous méritent.
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# Posté le dimanche 19 octobre 2008 19:37

Modifié le dimanche 07 décembre 2008 19:39